Histoire

 

"Au carrefour du Sundgau, la forêt de la Hardt et la plaine de l'Ill."

RIXHEIM, niché dans une anse du fossé rhénan, boucle le carrefour formé par les trois régions naturelles : le Sundgau, la forêt de la Hardt et la plaine de l'Ill. Blottie aux pieds des derniers contreforts du Jura, notre ville se trouve à l'emplacement de l'ancienne intersection de deux voies romaines qui reliaient Argentoratum (Strasbourg) à Augusta Raurica (Augst près de Bâle) et Cambete (Kembs) aux portes de la Bourgogne. Le ban communal s'étend sur 1 952,57 ha et a des altitudes qui se situent entre 365 m (Zuhrenwald) et 232 m (Pont du Bouc). Le nom de lieu est tiré d'un anthroponyme germanique (probablement RICHINO). La désinence en "heim" inscrit le village parmi les noyaux francs bouclant le nord-est sundgauvien. 

Mentionné pour la première fois sous la dénomination de RICHENESHIES en 823, le village eut dix-huit appellations  différentes aux cours des siècles, entre autres : RICHENESHEIM (1064), RICHESHEN (1456), RYCHSEN (1499), RICHENNESHEIM (1554), RICHSEN (1662), RIXEN (1696). L'actuelle ville de RIXHEIM, qui comprend trente-six lieux-dits, est formée par l'ancien RIXEN (haut-village) et le village disparu d'ESCHELZHEIM (bas-village). ESCHELZHEIM est cité en 1273, à l'occasion d'achats de biens par l'abbaye cistercienne de Lucelle. Le nom de cette localité se retrouve tout au long du XVIe siècle, mais disparaît par la suite. La fusion, facilitée par la proximité des deux habitats, par l'indivision des finages et surtout par la croissance des deux bourgs, s'est effectuée à la fin de la guerre de Trente Ans (entre 1648 et 1650).

Le riche territoire de Rixheim fut disputé très tôt entre les grands propriétaires nobles ou ecclésiastiques : abbaye de Murbach, l'Ordre Teutonique de Mulhouse, les hospitaliers de Saint Jean, etc. Le village, passé dans les domaines des Habsbourg après 1259, fut engagé aux sires de Masevaux en 1285. La commune passa ensuite avec la seigneurie de Bas-Landser aux mains des d'Herwart en 1645 et devint le siège d'une prévôté particulière.

L'Ordre Teutoniques de Mulhouse acquit des propriétés considérables à Rixheim au XIIIe siècle, érigées en cour colongère, après 1235. La mention d'un couvent Saint Léger à Rixheim en 1343 concernerait cette cour ecclésiastique, dont le plus ancien terrier date de 1424. Dix fermes en dépendaient, de même que les anciens lits de justice dits Kaiserskameren, probablement un palatium impérial.

Lors de la réforme à Mulhouse, l'Ordre Teutonique s'installa dans la principale ferme de Rixheim et fonda une commanderie en 1613; mis à l'index pendant la Guerre de Trente ans par Louis XIV qui en transféra la propriété à l'Ordre Saint Lazare. L'ordre retrouva à l'issue ses pleins pouvoirs jusqu'en 1789, date à laquelle, tous ses biens furent à nouveau confisqués. Reconstruit par l'architecte Bagnato, de 1735 à 1738, la Commanderie servit de prison à des suspects (1792) et, après des réparations hâtives en 1794, fut transformé en hôpital militaire. L'hôpital fut supprimé en 1796 et vendu comme bien national en 1797. L'ancienne Commanderie de l'Ordre Teutonique abrite actuellement l'Hôtel de Ville, le Musée du Papier Peint et la Manufacture de Papiers Peints Zuber & Cie.
L'église paroissiale Saint Léger, déjà mentionnée en 1272, possède un clocher doté de meurtrières remontant au XIIe siècle. Cette tour de défense était entourée à l'époque d'un cimetière fortifié qui devenait un lieu de refuge pour les habitants et leur bétail, en cas d'attaque ennemie.

Saint Michel était le patronyme de la chapelle d'Eschelzheim qui apparaît dans les textes en 1292-1554. Ce lieu de culte, situé dans la partie haute de la rue Saint Michel, démoli entre temps, était à partir du XVe siècle une annexe de la paroisse de Rixheim.

Une autre chapelle, connue sous le nom de "Leikäbelen", est mentionnée en 1735. Ce sanctuaire, qui existait encore en 1789, se trouvait dans la colline, à hauteur de la rue Saint Marc, certainement non loin de l'emplacement du village disparu de Leibersheim, cité en dernier lieu, en 1624, sous le nom de Leibertz.

La petite chapelle votive Saint Jean de Népomucène, dont la date de construction nous est inconnue, démolie en 1923, était implantée à l'angle de l'avenue du Général De Gaulle / rue Saint Jean.

D'intéressantes découvertes archéologiques ont été faites à Rixheim. De nombreux éléments de sépultures néolithiques et des tombes à incinération du Bronze final y ont été trouvés. Lors de fouilles effectuées en 1850, on récupéra un trésor d'environ 70 monnaies romaines du IIIe siècle. Une importante nécropole mérovingienne datant du VIe siècle fut découverte en 1883, non loin de la gare SNCF. En 1894, un puits cultuel gallo-romain fut mis à jour. Des recherches récentes (1967), entreprises rue de Soultz, permirent la découverte d'un charnier datant de la guerre des rustauds (1525), soulèvement de paysans contre leurs seigneurs dont les représailles furent implacables.

Plusieurs tumulus celtiques se trouvent sur le ban communal. Le plus grand situé près de la fontaine du Zihlbrunnen, dans la forêt dite Zuhrenwald, fut ouvert en 1858. Connu sous le nom de "Hünenhubel", ce monticule contenait plusieurs sépultures et des objets d'antiquité très curieux qui figurent au Musée Historique de Mulhouse. Il existe encore les tumulus du Rothubel, du Rosslagershubel ainsi que sept tertres (Espenhubel) qui ont été répertoriés dans la forêt de la Hardt, entre la Neumatt et le Pont du Bouc. 

Divers immeubles témoignent du passé de Rixheim. Le bâtiment de l'ancienne mairie date de 1544 et possède un ancien corps de garde où se trouvaient autrefois les veilleurs de nuit. L'un des plus beaux fleurons de la ville est sans conteste la maison J. Meyer, 88 Grand'Rue, qui porte la mention de l'année 1592 gravée au-dessus de la porte d'entrée, ainsi qu'une cave dont la charpente date de 1670. Les maisons F. Grumet, 10 Grand'Rue, construite en 1563 et l'ancienne mairie d'Eschelzheim, 49 Grand'Rue, datant de 1594, sont parmi les plus vieux immeubles édifiés au cours du XVIe siècle.

Divers évènements historiques marquèrent la vie de Rixheim. Au cours du conflit qui opposa Rodolphe de Habsbourg à l'évêque de Bâle, Henri de Neuchâtel, le cimetière fortifié de Rixheim fut entièrement dévasté (1272). Lors d'un litige entre Rixheim et Bâle, le village fut incendié par 200 Confédérés, le 9 juin 1468. Les troupes bourguignonnes de Charles le Téméraire campèrent dans notre cité en 1474, menaçant Mulhouse.
Lors de la révolte des paysans, des bandes d'insurgés se rassemblèrent dans les environs du village, en mai et septembre 1525. Après avoir été occupé par les Lorrains en 1598, Rixheim eut la visite de 3 000 à 4 000 cavaliers français du Général de Luxembourg qui campèrent dans les environs pendant trois semaines, en octobre 1676.

L'hôpital militaire installé à la Commanderie en l'An III de la République française (1794-1795) dut accueillir de  nombreux soldats, blessés lors du siège de Huningue. 153 militaires français et deux prisonniers autrichiens y moururent de blessures ou de maladie et furent inhumés à Rixheim.

Lieu de passage et de cantonnements de diverses troupes, napoléoniennes, autrichiennes, wurtembergeoises, badoises et bavaroises jusqu'en novembre 1815. Un corps de 600 à 700 cosaques russes y envahit même la localité, le 22 décembre 1813.

Du 9 au 10 août 1914, une grande bataille de rues nocturne se déroula sur la place de la mairie et sur l'emplacement de l'actuel collège, opposant des éléments d'infanterie allemande à des troupes françaises. Au cours de cet engagement sanglant, les troupes allemandes s'entretuèrent par méprise.

Lors de la guerre de 1939-1945, et suite à l'annexion de l'Alsace, de nombreux habitants durent se réfugier quelques mois dans le Gers notamment dans les communes d'Ayguetinte, Beaucaire, Bonas, Larroque-Saint-Sernin, Roques, Rozès, Saint-Paul-de-Baïse, Saint-Puy, Valence-sur-Baïse, etc… ; 300 habitants connurent l'incorporation de force dans l'armée allemande et 60 d'entre eux ne revinrent pas des combats. Quant à la ville elle-même, elle dut subir de sérieux bombardements qui détruisirent 13 maisons, en endommagèrent quelques centaines et provoquèrent le décès de 22 civils ; enfin c'est le 20 novembre 1944 qu'elle fut libérée.

Avec la fin des conflits, Rixheim put reprendre de plus belle ses activités et son développement.