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Le parc de la Commanderie

Si l'on possède plusieurs documents anciens concernant le bâtiment proprement dit, la première mention et le premier plan sommaire du parc ne datent que de 1792, quand la Commanderie était Bien National. On y apprend qu'à l'époque le parc se résumait à un jardin "à la Française" composé simplement de douze carrés de buis taillé.
Les platanes de la cour d'honneur existaient déjà. Lors de la période 1802-1810, la mode du jardin "à l’Anglaise" s'installe en France. La propriété est à ce moment-là déjà entre les mains des Zuber, lesquels transforment l'ancien jardin pour en faire un espace moins rigide. Les allées serpentent désormais en courbes légères et le parc est divisé en plusieurs parties bien distinctes : au centre, le jardin paysager, peu modifié depuis, à gauche, le jardin potager avec roseraie, serres et "couches chaudes" et, à droite, le jardin fruitier qui s'étendait au-delà des limites actuelles du parc et comportait plus de 90 arbres dont la production était à usage domestique.
La serre date de cette époque aussi. Exposée plein sud, elle servait à abriter les plantes tropicales. On la chauffait par trois systèmes complémentaires, et ce simultanément : par pompage, dans le sous-sol, d'eau chaude qu'on laisse couler à l'intérieur, par combustion de charbon dans des petites galeries situées sous les tablettes et par utilisation de l'eau chaude produite par la manufacture et amenée là par des canalisations enterrées. Ces plantes, relativement rares à l'époque, servaient surtout, en plus de leur usage décoratif, de modèles aux dessinateurs et graveurs de la manufacture qui les reproduisaient sur les papiers peints panoramiques représentant des contrées "exotiques" : il est évident qu'il était bien moins onéreux de chauffer quelques serres que d'envoyer des employés en voyage.
A cette époque, l'architecture des plantes était évidemment beaucoup moins imposante qu'aujourd’hui, l'espace beaucoup plus ouvert ; depuis le perron de l'immeuble, on pouvait apercevoir les murs d'enceinte de la propriété. Progressivement l' "effet épicéa" se fait sentir: sa plantation va déstabiliser le jardin, l'espace de repos va perdre de sa qualité. Mais, malgré cet effet désastreux, le parc reste un endroit agréable et ne cesse de s'étoffer. C'est une période faste qui verra son apogée vers 1860.
Au fur et a mesure de leur apparition sur le marché, les Zuber s'approprient les plantes nouvelles, rapportées depuis le "nouveau monde", par les horticulteurs notamment, et les installent dans leur propriété. Par passion de collectionneur, de nombreux éléments ont ainsi été plantés un peu au hasard, sans réel projet paysager, ce qui a encore plus déséquilibré l'ensemble.
Le bassin actuel, situé devant la serre, a été réalisé peu après la première guerre mondiale pour compenser la perte d'un autre bassin plus ancien, démoli à l'occasion de l'agrandissement de la manufacture (derrière l’actuelle caserne des pompiers).
Depuis le début du XXème siècle, ce parc a malheureusement perdu beaucoup de sa beauté d'origine. Il est vrai que la baisse continue de l'activité de la manufacture n'a pas Incité les propriétaires à porter des efforts financiers et humains vers le soin aux plantations.
En matière de sauvegarde et d'entretien, les deux dernières guerres ont bien sûr été des facteurs aggravants. Les plantes exotiques de collection, entreposées jadis dans les serres, ont soit disparu, soit été transférées dans les serres du jardin botanique de la ville de Mulhouse. Le jardin fruitier a perdu beaucoup de sujets en raison de son vieillissement ; ses arbres les plus fatigués et ceux ayant disparu ont cependant été remplacés dernièrement par la Ville, en étroite coopération avec la Société des Arboriculteurs de RIXHEIM. On notera plus particulièrement dans le parc actuel un très ancien et très beau spécimen de "ginkgo biloba" (ou arbre aux 40 écus), un autre, bien plus jeune, planté symboliquement en 1987 à l'occasion des fêtes du jumelage de RIXHEIM avec la ville allemande de Lohne et deux très beaux magnolias.
Le parc est ouvert au public du 1er mai au 30 septembre les dimanches et jours fériés de 14h à 18h. L’accès se fait par le parking de la Jumenterie, rue du temple.